Un Jardin des Sens à la maison de retraite Saint-Joseph

Public accueilli : Personnes âgées

Lieu : Nay (64)

Date : 2018

Un jardin des sens ouvert sur la ville à la maison de retraite Saint-Joseph de Nay (Pyrénées-Atlantiques)

« Le jardin a d’abord été conçu comme un lieu de promenade, d’observation et d’échange pour nos 93 résidents »,explique Véronique Siot, animatrice référente. C’était sans compter que certains d’entre eux, venant des villages avoisinants, avaient pratiqué le jardinage à titre professionnel… « La rénovation et la restructuration de l’établissement en 2008 nous a conduit à repenser ce jardin. C’est ainsi que des regards croisés entre les différents professionnels – le directeur, l’architecte, la psychomotricienne, le paysagiste, l’animatrice – a germé l’idée de Jardin des cinq sens. La fonction initiale de cet espace vert est modifiée au profit d’une démarche plus expérimentale, sociale et esthétique. »D’abord le choix a été fait d’ouvrir le lieu au plus grand nombre pour que les aînés ne vivent plus en « autarcie » : outre les professionnels de l’établissement, on y croise les partenaires locaux – le Syndicat mixte du traitement des déchets qui y a créé une plateforme de compostage de démonstration ou encore le Centre permanent d’initiative pour l’environnement qui fait vivre le jardin en proposant à des habitants de la ville et à des résidents de l’établissement des stages de jardinage, de taille des arbres fruitiers, de cosmétique par les plantes ou de cuisine aux herbes sauvages – mais aussi de nombreux enfants. Les élèves d’une classe de CE2, conseillés par une paysagiste, ont ainsi réalisé la signalétique du parc et le club Jardin du collège s’est également impliqué dans le projet en imaginant et réalisant des mobiles sonores. Il faut aussi évoquer les échanges fréquents avec le relais d’assistantes maternelles : une séance a été employée à la plantation des végétaux offerts par les familles et « amis » de ce jardin. Quant aux sens… Le potager en carré, s’inspirant des jardins médiévaux, a été le premier à prendre place dans le jardin – il matérialise le goût. Un carré pour les fraises, l’autre pour les blettes, la ciboulette, puis la salade… Devant la salle à manger des résidents , l’îlot visuel (ou jardin arc-en-ciel) est créé, il est composé de 9 petits massifs allant des végétaux verts (absinthe, mélisse, romarin), en passant par le jaune, le rose, le rouge, le mauve et le bleu et, au centre, les fleurs blanches. Les familles ont été invitées à apporter une bouture afin de favoriser la participation, les échanges, la solidarité. L’îlot odorat est constitué d’une allée bordée de rosiers, d’une pergola sur laquelle les chèvrefeuilles formeront un écrin parfumé. Un banc situé en bordure de l’allée permet de contempler l’îlot visuel tout en profitant des parfums. Le toucher est matérialisé par des éléments au sol (dalles de textures différentes, rideaux végétaux). La psychomotricienne et un kinésithérapeute peuvent, aux beaux jours, y faire un travail avec des résidents présentant des troubles cognitifs. « Une fois installé dans ce jardin, sur la terrasse équipée de salons de jardin, il suffit de prêter l’oreille pour percevoir le chant des oiseaux provenant d’une colline boisée, pointe enfin Véronique Siot. Le jardin, ses fleurs, ses arbres – et les deux chèvres qui entretiennent le verger – offrent un sujet de conversation à ceux qui se promènent et qui flânent dans les allées. Pour ces ainés qui évoquent souvent les saisons de leur enfance, le jardin de la maison de retraite permet de se projeter, de vivre, ressentir et voir le passage des saisons ». Ce jardin a remporté le prix décerné par la Fehap. 

 

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